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Il y a 25 ans de cela (en 1981), je commençais la programmation informatique. Si aujourd'hui personne ne s'étonne plus de voir un enfant de 3 ans devant un ordinateur, à mon époque, celle où la programmation faisait la part belle aux 0 et aux 1, je faisais figure d'extra-terrestre. A un âge où mes camarades cherchaient la meilleure surboum pour aller danser un slow distant sur une musique de Vladimir Cosma interprétée par Richard Sanderson, je pianotais pendant des heures et des nuits sur mon ordinateur. Pour quelle finalité ? L'exploit technique ? Non, pour rendre service !

Déjà, à l'âge de 12 ans, je ne voyais pas d'autre intérêt dans l'informatique que celui d'un usage possible pour un non-informaticien. Mon premier programme ? Une interface simple pour gérer les fiches clients de ma mère (on a le cobaye que l'on peut ! ;-) ).

Depuis ce temps, j'oeuvre pour que l'informatique ne soit pas vu comme une contrainte par les utilisateurs mais comme un outil utile. Je l'avoue, le travail ne manque pas :-(

La première erreur historique a été de confier les Systèmes d'Information aux informaticiens. Le temps où ces derniers faisaient les programmes en imaginant ce qui serait bon pour les utilisateurs n'est pas loin. On installait le tout sur les ordinateurs des utilisateurs et ces derniers essayaient de voir ce qu'ils pouvaient bien faire de ce nouveau programme. Bilan, ce n'était plus le métier de l'utilisateur qui dictait sa façon de travailler mais les outils informatiques dont il disposait !

Vint ensuite un stade où l'utilisateur était représenté dès la conception initiale des programmes. Malheureusement, il arrivait souvent que les utilisateurs consultés n'en étaient pas des "vrais". En effet, les directions opérationnelles envoyaient souvent des représentants qui n'allaient pas utiliser directement le programme mais "qui savaient bien ce dont les utilisateurs avaient besoin". On avait déplacé le problème de l'informaticien vers celui qui pense pour les autres.

On est enfin capable aujourd'hui, de demander directement à l'utilisateur final ses besoins, ses contraintes, son ressenti... Bien évidemment, il est nécessaire d'intégrer ces éléments avec tous les autres : l'existant, la cible, la stratégie, la sécurité des systèmes, les coûts, les délais, la politique, ... Mais pour une fois la notion de servir l'utilisateur est bien présente.

En tant que consultant ou en tant qu'intégrateur, je me préoccupe toujours d'orienter les choses vers l'utilisateur. C'est une philosophie qui peut paraître contraignante pour certains mais elle apporte souvent une véritable plus-value dans les grands projets : limiter les freins aux changements. Mais il s'agit là d'un autre vaste sujet. Peut-être dans un futur billet...