27sep 2006
Le web n'a pas encore tué le papier !
15:13 - Par Laurent-Cyril VEDEL - Métier : Consultant - un commentaire
En plein débat sur la crise et l'avenir de la presse écrite, je me suis aussi souvent posé la question de savoir quel était l'intérêt de continuer à acheter des journaux lorsque l'on trouve « tout » sur le Web.
Je suis un grand consommateur d'information et par voie de conséquences un grand lecteur. Ma source principale d'informations croisées reste l'Internet. Ainsi, sur un fait d'actualité ou un sujet de fond, j'y pioche divers avis pour me construire le mien. J'apprécie cette manière de m'informer. Par ailleurs, je continue à lire aussi la presse écrite « papier » et particulièrement les hebdomadaires et les mensuels.
Mais pourquoi donc continuer à lire des journaux ?
Pour répondre à cette question je reprendrais simplement une phrase d'un éditorial d'«Alternatives économiques» rédigé par Philippe Frémeaux :
«Reste qu’un journal, qu’il soit quotidien, hebdomadaire ou mensuel, c’est autre chose : il fournit les informations que vous cherchez, mais aussi toutes celles que vous ne cherchez pas et qui viennent enrichir votre champ de vision, stimuler votre réflexion.»
un commentaire
Bonjour à toi mon cher Laurent.
Je tiens d'abord à te féliciter pour ce blog magnifique que je ne connaissais malheureusement pas.
Je tiens ensuite à te donner mon point de vue quant à l'utilité de lire encore des journaux "papier". La reflexion qui suit n'appartient d'ailleurs qu'à moi et n'est pas faite pour convertir les adeptes du Net Info.
Pour moi, le papier a une âme et surtout une odeur.
En effet, Charlie Hebdo n'a pas la même odeur que Libé, de même qu'Alternatives éco ne sent pas du tout le Paris Match. Tu trouves peut-être cela très démagogique de ma part, néanmoins c'est ce que je pense, ou plutôt c'est ce que je sens vraiment. Pour l'instant, sur le Net, quelles qu'elles soient, et d'où qu'elles viennent les infos ont toutes la même odeur : celle du " ça ne sent rien !"
Deuxièmement, derrière le support papier il y a une âme collective, un travail de coopération, de la rédaction , en passant par l'impression, jusqu'à la distribution. Sans toutes ces forces coopératrices, les journaux papiers n'existent plus. Du moins, c'est ce que je pense.
Sur le Net, seul, je peux tout faire mais aussi oublier l'autre, m'isoler, m'enfermer, me détruire.
A contrario, quoi de plus agréable le matin que de passer dans ton Tabac-Presse préféré, de saluer ta caisseuse préférée ( ou caissier pour ceux qui préférent) pour lui acheter ton canard favori avant d'aller " t'étaler " dans le petit bistrot du coin, devant ton café.
Comme sur le Net, rien ne t'empêche d'en acheter plusieurs pour te faire ton propre avis, sur les nouvelles fraîches, traîtées, il est vrai, différemment selon ceux que tu vas acheter.
De plus, si tu en as plusieurs, et que tu ne peux pas tout lire en même temps, tu peux en préter aux quelques abrutis qui se trouvent dans le même bar que toi, à la même heure que toi, mais qui eux ne sont pas venus ici comme toi pour prendre un petit moment de plaisir mais plutôt pour prendre un petit blanc. De là, s'entame alors souvent une grande discussion collective autour d'un thême fédérateur. (Match retour Milan-Manchester par exemple)
Ainsi, tu as là aussi le bénéfice de ce qu'on appelle les informations croisées et tu te construis alors ton propre avis. La seule différence, c'est que tu ne peux pas ici oublier l'autre, t'isoler, t'enfermer, car tu n'es pas seul. D'ailleurs ensuite, c'est souvent cela le problème.
Je concluerai cette petite bafouille en te disant que je suis donc d'accord avec l'édito de Phillippe Frémeaux bien que pour moi il faille quand même quelques éléments complémentaires pour que je m'y retrouve vraiment.
Merci pour ce petit espace de reflexion, à bientôt j'éspère.
Fred La Foye